6h du matin. Bienvenue en enfer ! Au Bangladesh, les décharges publiques sont une source majeure de pollution en raison de la forte densité de population et d'une gestion des déchets insuffisante, en particulier dans les villes comme Dhaka. Le système de collecte officielle est débordé, entraînant des dépôts sauvages dans les rues, les canaux et les cours d'eau. Avec ses 179 millions d’habitants, le Bangladesh se noie sous les déchets. Oui, des personnes vivent dans des décharges publiques au Bangladesh, en particulier dans la capitale Dhaka. En raison du manque de collecte des déchets, de la pauvreté et de la surpopulation, des milliers de personnes, dont des enfants, vivent dans les déchets des décharges à ciel ouvert. Elles survivent dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses en récupérant des objets pour les recycler ou les revendre. Pour moi, la photographie ne se résume ni à la maîtrise de la lumière ni à la précision des couleurs. Ce n’est pas seulement le cadrage parfait ou le soin apporté aux retouches. Le véritable sens d’une image dépasse la technique : il se niche dans ce qu’elle parvient à faire ressentir. Une photo n’a pas seulement vocation à séduire l’œil, elle doit aussi toucher l’âme, arrêter le temps, ouvrir une brèche dans nos certitudes par le respect des autres dans leurs difficultés du quotidien. Un appareil photo est bien plus qu’un outil ; c’est un lien. Il relie les êtres, rassemble les histoires, éclaire ce qui d’ordinaire nous échappe. À travers lui, j’essaie non seulement de capturer des instants, mais de les honorer. Chaque visage, chaque geste furtif porte une vérité, une force, une fragilité. Une photographie doit avoir une présence, une gravité douce qui éveille l’émotion et invite à l’empathie. C’est terrible de constater que la gravité du moment en devient presque poétique par la lumière du soleil qui s’ouvre à ces vies ensevelies. La vie se déploie dans toute sa complexité : chaotique, lumineuse, intense. Une immersion dans ce pays où chaque scène raconte une histoire, et où mon appareil devient le témoin d’une vérité qui, malgré sa dureté, reste une réalité dure, parfois douloureuse, que je refuse d’idéaliser. Ces images deviennent un écho de ce que nous partageons tous : NOTRE HUMANITE . Mes clichés sont présentés dans l’ordre chronologique de la prise de vue.